25.06.2008

La Princesse des Glaces

Petite précision : malgré le design de la couverture, ce livre n'a rien à voir avec la trilogie Millenium, si ce n'est que l'action se passe en Suède, il s'agit juste de la même collection (Actes Noirs chez Actes Sud).

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Voici donc, comme promis, mon humble critique de ce livre :

L'action se déroule dans la petite ville portuaire de Fjällbacka qui, comme on peut le voir sur le blog de l'auteur-qui vit réellement là-bas-, a le même charme que Cabot Cove (Arabesque), une ressemblance qui ne s'arrête pas là. L'héroïne du livre, Erica, exerce la profession d'écrivain spécialisé dans les biographies de femmes ... écrivains (activité qui va prendre soudainement une autre tournure.) Après la mort accidentelle de ses parents, elle décide de s'installer quelque temps dans la maison de son enfance, pour faire du tri et profiter du calme relatif des environs pour écrire. Chose qu'elle a parfois du mal à faire, j'ai d'ailleurs ressenti beaucoup d'empathie pour elle, et une réelle identification quant à sa façon de travailler****, je vous en parlais l'autre jour. La satisfaction du travail mais aussi le découragement quand tout semble aller de travers.

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Camilla Läckberg

Le calme apparent ne dure pas : elle retrouve son amie d'enfance, la belle et distinguée Alex, qu'elle n'avait pas vue depuis des lustres, morte, dans sa baignoire, vidée de son sang. Ce qui ressemble a priori à un suicide s'avère rapidement être un meurtre.

Les ingrédients de la "saga" sont là mais tout est plausible, pas de délires ésotériques (c'est bien ce qui me fatigue dans certains romans policiers dont je parlais hier, sauf quand cela apporte une dimension qui tient la route) mais un meurtre qui entraîne la découverte de secrets jusque là bien cachés. L'intervention dans l'intrigue d'Anders, un artiste brillant mais paumé, alcoolique, qui vit dans un taudis et qui avait une relation avec Alex commence à faire craquer le vernis, que pouvaient-ils bien faire ensemble ? Une question qui en fera émerger d'autres.

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Je ne vais pas tourner autour du pot : j'ai trouvé ce roman formidable, haletant, mais jamais gore, un suspense brillamment entretenu. Les rebondissements n'arrivent pas comme un cheveu sur la soupe. Camilla Läckberg a construit son histoire de façon méthodique. Dans certaines critiques que j'ai lues on lui reproche des longueurs sur la vie des personnages (un côté "Bridget Jones enquête", je crois que justement c'est ce qui fait le charme de ce roman), j'en suis désolée mais ces passages sont essentiels pour moi. Bien sûr certaines choses sont un peu téléphonées, mais en comparaison des 400 pages, on passe outre. A certains moments on sent que l'auteur s'éclate... comme son personnage, d'un seul coup l'inspiration a coulé, les mots ont trouvé leur place. Concernant la résolution de l'intrigue, je défie quiconque de trouver le coupable avant les dernières pages. Je ne dirais pas qu'elle parvient à mener le lecteur en bateau comme savait si bien le faire Agatha Christie, mais le tour de passe-passe -très crédible de surcroît- vous montre combien elle avait la maîtrise de son intrigue. Chapeau !

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Il s'agit du premier roman de Camilla Läckberg traduit en français, les quatre autres sortis en Suède seront sans doute bientôt publiés en France, avec Erica comme personnage récurrent. J'ai vraiment hâte !

****Message personnel à Shopgirl : quand tu en seras à la page 372, tu vas faire un bond devant la coïncidence ... (ne regarde pas avant, ça gâcherait tout le suspens;)

 

24.06.2008

Polars encore et toujours

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Je n'ai pas encore eu le temps (je répète cette phrase souvent en ce moment !) de vous en parler plus longuement mais sachez que la rubrique livres de ELLE cette semaine consacre son article principal à L'Affaire de Road Hill House de Kate Summerscale. Ce qui ne m'empêchera pas d'en reparler, mais l'article est très intéressant !

Par ailleurs, le magazine LIRE du mois de juin (encore quelques jours seulement en kiosque... mais certains articles sont disponibles sur leur site Internet) est consacré à la littérature policière, avec un dossier très dense sur les principaux auteurs du genre, d'Agatha Christie à Stieg Larsson.

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D'ailleurs je me posais la question : aimez-vous la littérature policière ? En ce qui me concerne j'ai beaucoup de mal avec la littérature policière française, je n'ai jamais vraiment accroché à l'ambiance qui s'en dégage généralement. Depuis quelque temps cependant, et même si je reste profondément attachée à l'écriture des pionniers, je m'intéresse à la production contemporaine mais toujours étrangère. J'y trouve plus d'humour, un certain "exotisme"... Même si en écrivant cela, je me tire une balle dans le pied !

****

Par ailleurs, j'ai un véritable coup de coeur pour cette chanson que j'entends depuis quelques temps déjà sur les radios, "Gate 22" de la québécoise Pascale Picard :

 


18.06.2008

Inspirations

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Ce qui me plaît le plus dans mon activité du moment c'est le travail de fourmi que je dois fournir dans mes recherches (étant donnée la vitesse à laquelle je dois bosser - mon coeur ne m'en remercie pas comme vous pouvez le constater - je dois faire mes recherches puis écrire tout de suite un chapitre, etc.) Ce n'est pas forcément jouissif de trimer en triant de la paperasse parfois inconsistante, où se niche une seule info qui me servira, de faire parler les gens et d'y trouver de la matière. Mais je veux qu'on se dise en le lisant que c'est riche d'informations et pas forcément de scoops (celui qui compte sur ça court à sa perte) et c'est ce que je cherche tout le temps dans les livres que je lis sur ce thème (ah... le crime of course.) J'ai une référence en la matière (nonfiction romancée) c'est évidemment De sang-froid de Truman Capote.

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Et, plus récemment, L'Affaire de Road Hill House de Kate Sumerscale dont je vous parlerai plus longuement quand j'aurai le temps, sachez cependant qu'il devient une référence pour moi au même titre que le livre de T. Capote (dites "Capoti", ça fait plus chic) tant elle a su utiliser toute sa documentation, faire des recherches ultra-fouillées, avec pertinence. Je suis admirative.  

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Mais en ce moment, dès qu'une minute se présente, comme hier dans la salle d'attente du médecin, je ne sors pas de nonfiction de mon sac à main,  mais de la pure fiction avec La Princesse des Glaces de la suédoise Camilla Läckberg. En lisant la quatrième de couverture, j'ai cru étouffer de rire, l'héroïne du livre exerce le même métier que moi et a elle aussi décidé de revenir dans son village natal pour écrire ... mais pas que. Elle devient tout à coup une nouvelle Jessica Fletcher ; un meurtre, puis deux, elle enquête. Mais j'en ai déjà trop dit. Dès que j'ai terminé cette lecture, je vous en reparle (puis du livre de Kate Summerscale) si cela vous dit bien sûr. Il ne s'agissait ici que d'un apéritif !

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12.06.2008

De l'importance du papier

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Des manies envahissent la vie des créateurs, des lecteurs et autres passionnés, chez les gens qui écrivent cette manie touche bien évidemment le papier. Avant de taper mes chapitres j'écris d'abord à la main, ma pensée coule mieux de cette façon. Mais, attention, pas n'importe quel papier.

1929783_64.jpgComme Bruce Chatwin aurait pu tuer afin d'écrire ses récits de voyage sur des carnets Moleskine jusqu'à la fin de sa vie, je n'irai pas jusqu'à tuer pour avoir des blocs Cambridge référence 43852, 140 feuilles jaunes et marges roses ... mais grâce à Petite Marquise qui habite non loin de la papeterie chez qui je me fournissais dans mon ancienne vie parisienne, je peux souffler ! C'est une manie, je ne sais pas d'où elle vient, mais ce papier m'accompagne depuis maintenant quelques années, il a été témoin de mes succès d'inspiration (s'il en est), de mes énervements devant celle qui ne vient pas, des histoires terribles que je dois parfois édulcorer par les mots.

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Le papier c'est sensuel, rien de moins, quoi que vous lisiez ou écriviez. C'est pour cela que les espèces de tablettes de lecture qui existent déjà et qu'on nous promet me font peur. En même temps je m'efforce de ne pas croire à cet avènement. Je sais bien que d'un côté c'est plus écologique, plus simple, moins de papier, moins de coût, mais à côté du reste ... Si les deux en viennent à cohabiter, qu'on ne soit pas aliénés à un nouvel écran, pas de problème, mais si l'on nous impose le tout numérique dans quelques années, au secours... J'entre en résistance !

 

 

21.04.2008

"Mathématique du Crime"

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N'ayant pas reçu Ne t'inquiète pas pour moi et en manque de nouvelles lectures j'ai acheté sans réfléchir Mathématique du Crime de l'Argentin Guillermo Martinez. Et je n'ai pas été déçue ! Brillante enquête criminelle qui se déroule sur le campus d'Oxford où des meurtres se suivent et se ressemblent : toutes les victimes étaient condamnées par la maladie à plus ou moins long terme. Bien que l'on soit dans un univers teinté de mystères mathématiques et d'ésotérisme, nous sommes bien loin du Da Vinci Code. D'une part l'écriture y est parfaitement maîtrisée et l'on en ressort de toute façon plus cultivé tant les références scientifiques et littéraires (Dostoïevski, Buzzati) y sont nombreuses et ne servent pas de prétextes mais sont de réelles informations utiles dans la compréhension de l'intrigue.

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Un film inspiré du livre est sorti il y a un mois, "Crimes à Oxford", que je n'ai pas vu, et que je n'ai pas vraiment l'intention de voir d'ailleurs. Je préfère rester dans mes images personnelles.

Si vous aimez les romans policiers bien ficelés, de facture classique mais néanmoins contemporains, une écriture fine, juste, et surtout très documentée ; du mystère mais pas de délire ésotérique insensé, ce roman vous plaira sûrement.

 

17.04.2008

Prochain livre sur la liste ...

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Ce livre existe en version "jeunesse" et en version "normale", mais c'est bien le même ouvrage, rien ne change (même pas le petit prix : 10 euros.) En découvrant ce livre, j'ai pensé à Shopgirl (à mettre sur ta liste peut-être, si ce n'est pas déjà fait;) qui l'aimera peut-être.

Ne t'inquiète pas pour Moi, d'Alice Kuipers, chez Albin Michel.

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Présentation de l'éditeur :

Par le biais de Post-it sur le frigo, ce livre est constitué de la correspondance vivante, enjouée, parfois coléreuse entre une mère et sa fille adolescente. Des petits tracas du quotidien aux doutes et souffrances de l’adolescente, c’est un instantané de la vie. Jusqu’au jour où la mère découvre qu’elle est gravement malade…

Je préfère le titre original, en anglais (pour tout vous dire le titre en français me fait penser au gimmick actuel des Guignols de l'Info sur le cinéma français...!) :

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Je commence ma lecture très bientôt. Je vous dirai ce que j'en pense. J'ai "peur" de pleurer en le lisant, tant je suis concernée, mais j'ai hâte.

17.03.2008

Shoe Addicts, de Beth Harbison

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Vraiment je ne m'attendais pas à passer un si bon moment en compagnie de ce livre. Et étant donné ma dernière tentative désastreuse de Chick-Litt avec PS : I Love You, je prenais un risque en me l'offrant, mais cela faisait des jours qu'il me tendait les bras avec sa jolie couverture rose... Et certaines d'entre vous en avait déjà parlé de façon positive.

Les premières pages s'avèrent classiques dans le genre, j'y retrouve le gimmick de Confessions d'une accro du Shopping que j'avais bien aimé à l'époque (mais qui peut s'avérer énervant à la longue), avec la serveuse Lorna qui a du mal à choisir entre le paiement de ses factures et ses achats de chaussures. Jusque là rien de transcendant mais c'est plutôt bien écrit. Et les pages qui suivent, avec l'arrivée de nouveaux personnages (genre film choral) dont Hélène, qui se débat comme elle peut dans le rôle de femme de sénateur qui ne doit pas faire un pas de travers pour ne pas entacher l'image de son mari, promettaient déjà de très bons portraits, de phrases fines "C'était le contrat de la femme trophée. Un contrat qui l'obligeait à toujours se montrer élégante, à s'investir occasionnellement dans des oeuvres caritatives très en vue, à se joindre régulièrement au Déjeuner des Dames au country club, à sponsoriser une bonne oeuvre locale et, le plus important de tout, à ne pas faire de bruit pendant que des petits morceaux de son âme se désagrégeaient." Et surtout Sandra, agoraphobe qui ne sort pratiquement plus de chez elle et qui travaille comme... "voix" dans le téléphone rose.

Une belle galerie de portraits, ce n'est jamais mièvre comme on pourrait peut-être l'attendre, certains passages sont vraiment très drôles mais aussi sensibles.

En d'autres termes : un livre doudou, prenant, bien écrit. Que demander de plus parfois ?

Bonne lecture !

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Quatrième de couverture :

Certaines femmes, paraît-il, n'atteignent jamais le plaisir. Lorna, Hélène, Sandra et Joss, quant à elles, savent très bien comment monter au septième ciel : il leur suffit de regarder, toucher, essayer et - comble de jouissance - s'offrir les plus belles chaussures de luxe must have du moment en faisant exploser leur compte en banque. Le problème, c'est qu'elles ne peuvent pas se contrôler. Ces droguées aiment les chaussures de manière compulsive, démesurée, irrationnelle, passionnelle... elles sont addicts. Et pour que leur plaisir ne reste pas solitaire, l'incorrigible acheteuse sur eBay endettée, la femme de sénateur, l'hôtesse de téléphone rose agoraphobe et la jeune baby-sitter harcelée par sa patronne, quatre pointures identiques, décident de former le club des " Shoe Addicts ". Chaque semaine, elles se retrouvent pour échanger escarpins, mocassins, sandales et autres petites paires aussi divines qu'irrésistibles... Mais bien plus que leur addiction commune, les quatre amies vont rapidement partager de nouveaux secrets. Des fardeaux jusque-là inavouables et devenus trop lourds à porter...

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Et la suite arrive dans quelques mois ... (cela dit je me méfie toujours des suites justement, on verra bien!)

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11.03.2008

Je l'achète ou pas ?

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Le titre m'accroche, j'aime Anna Gavalda (son écriture, sa façon de voir les choses, et le fait qu'elle ne soit pas dans le "cercle") mais j'hésite... 25 euros quand même (j'ai un côté radin, surtout quand il s'agit de mon argent, évidemment.) En même temps quand je lis dans une interview :

"Qu'est-ce qui vous console ?

- Rien, c'est pour ça que j'écris."

Je veux bien mettre 25 euros.

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(Note du jour courte. STOP. Boulot de dingue. STOP. Pardonnez-moi. STOP.)

10.03.2008

Auprès de moi toujours

157244084.jpgChef d'oeuvre entre attirance et répulsion, Auprès de Moi Toujours de Kazuo Ishiguro (Never Let me Go, en version originale, ce qui est plus logique...) entraîne le lecteur dans une étrange machination. La narratrice, Kathy, raconte son adolescence dans une sorte d'internat, pour un peu on se croirait dans Harry Potter tellement les lieux semblent secrets et enfantins. A peine une dizaine de pages plus tard on comprend que les choses ne sont ni magiques ni enfantines. Quelque chose cloche, on parle d' "accompagnants", de "dons" et de la particularité de ces adolescents. L'écriture est fluide, douce, mais la lecture peut s'avérer parfois difficile si vous n'avez pas révisé votre passé simple. Temps qui est rarement employé dans la littérature contemporaine (tout dépend du temps utilisé dans la version originale cela dit) et qui confère à ce roman un côté suranné alors que nous sommes partout sauf dans le passé.

Voici la quatrième de couverture :

Jadis, Kath, Ruth et Tommy ont été élèves à Hailsham ; une école idyllique, nichée dans la campagne anglaise, où les enfants étaient protégés du monde extérieur et élevés dans l'idée qu'ils étaient des êtres à part, que leur bien-être personnel était essentiel, non seulement pour eux-mêmes, mais pour la société dans laquelle ils entreraient un jour. Mais pour quelle raison les avait-on réunis là ? Bien des années plus tard, Kath s'autorise enfin à céder aux appels de la mémoire et tente de trouver un sens à leur passé commun. Une histoire d'une extraordinaire puissance, au fil de laquelle Kath, Ruth et Tommy prennent peu à peu conscience que leur enfance apparemment heureuse n'a cessé de les hanter, au point de frelater leur vie d'adultes.

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Il s'agit du premier roman de Kazuo Ishiguro que je lis. J'entendais ici et là que ce n'était pas la meilleure façon d'aborder cet auteur même si ce livre est brillant. Cela dit je ne suis ni déçue (au contraire) ni en attente du même thème pour les autres ouvrages que je lirai de lui. Je suis sûre d'une chose : il n'écrit pas pour écrire, il écrit non seulement pour raconter mais surtout pour amener à une réflexion sur notre condition... humaine.

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ICI, un article du magazine LIRE qui en dit plus sur l'auteur à travers cet ouvrage.

Mais, finalement, si vous souhaitez le lire, allez-y sans a priori, mieux vaut en savoir le moins possible pour se laisser embarquer dans cette étrange histoire.

25.02.2008

Nous vieillirons ensemble

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Nous vieillirons ensemble se déroule sur une journée, un dimanche pour être précise, dans une maison de retraite, "Les Bégonias". L'auteur a choisi de construire son texte (et ici le mot est très juste) sur la même base que le roman de Georges Perec La Vie mode d'emploi (pour ceux qui ne connaissent pas, petit rappel : Georges Perec faisait partie du mouvement littéraire "Oulipo" où la littérature est avant tout un jeu, et un jeu de contraintes. Il a notamment écrit La Disparition, livre où jamais vous ne croiserez la lettre "E"...), dans son roman Pérec a découpé en cases un immeuble façon jeu d'échecs, Camille de Peretti a fait la même chose mais placé son jeu dans une maison de retraite. Un chapitre correspond à un quart d'heure. Mais, rassurez-vous, nul besoin de connaître les échecs pour lire le roman, lequel, d'ailleurs, coule de source. Et nul besoin de connaître le mouvement Oulipo, Perec et compagnie.

Il faut préciser que Camille de Peretti connaît son sujet, sa famille travaille dans le milieu gériatrique et, petite, elle suivait parfois sa mère à la maison de retraite. De quoi nourrir l'esprit d'un futur écrivain.

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Le dernier roman de Camille de Peretti est finalement assez différent des deux précédents (Thornytorinx qui traitait de la boulimie-anorexie, de façon autobiographique, et Nous sommes cruels qui revisitait les Liaisons Dangereuses) mais le style reste incisif, drôle et méchant. J'ai aimé ce roman du début à la fin. Elle a su décrire les personnages, faire des flash-back sur la vie des pensionnaires de la maison de retraite, sans jamais embrouiller le lecteur. Les petites manigances des personnes âgées, leurs rivalités, la peur de la mort (puisqu'il n'y a plus que cela à attendre), la ronde des visites des enfants, neveux, culpabilisés, des histoires d'amour aussi. Tout est réaliste, même la scène la plus infâme (à vrai dire... à hurler de rire.)

Concernant l'auteur (ou auteurE), je la suis donc depuis son premier roman qui m'a remué les tripes dans les deux sens du terme. Si vous avez l'occasion de l'entendre à la radio, ou de la voir à la télé, vous remarquerez sa voix, si douce, souriante, apaisante, contrastant avec l'acide qu'elle met dans son écriture. Et pareil contraste me plaît, parce que cela prouve une nouvelle fois que rien n'est ni blanc, ni noir.

  • Article du Monde des Livres : La vie en 64 cases

"Elle tient son journal depuis l'âge de 16 ans. Au bout de sa bibliothèque, Camille de Peretti a rangé côte à côte les onze carnets ventrus qui rassemblent jusqu'ici sa vie. Elle a tout consigné : ses lectures, ses voyages, ses premiers pas d'auteur. Et ses amours. "J'ai peur que vous me trouviez bizarre, dit-elle en mordant sa lèvre sur un sourire, mais je conserve aussi les souvenirs des hommes que j'ai aimés." Et de montrer plus bas sur un rayonnage une pile d'enveloppes en papier kraft. "Ils sont là."Elle garde tout, Camille. Elle écrit tous les jours. "Essentiellement mon journal, dit-elle. N'allez pas imaginer que je m'y livre à des réflexions sur le sens de l'existence. L'exercice est juste factuel. Je ne me relis quasiment jamais, mais cette mise en mots me permet de fixer dans ma mémoire les événements et les sentiments. Une journée où je n'ai pas écrit est une journée perdue. Une journée qui n'a pas existé." C'est de cette chronique quotidienne que viennent ses livres. Thornytorinx, son premier roman (Belfond, 2005) racontait les souffrances de l'anorexie et de la boulimie chez une jeune fille. Le suivant, Nous sommes cruels (Stock, 2006), suivait le jeu cynique de deux adolescents rejouant Les Liaisons dangereusesde Laclos. "J'ai été tout cela, continue-t-elle. Oui, j'ai vécu cette relation effrayante avec la nourriture. Oui, je me suis prise pour la marquise de Merteuil. Mais l'écriture romanesque a transformé ces histoires. On imagine que soi est un sujet inépuisable, pourtant, au moment d'en parler, rien n'est digne d'intérêt. Il faut recréer pour exister." (...)"

 

  • Prochaine lecture :
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